Cet été je me suis bien fait chier.
Accessoirement j'ai beaucoup réfléchi, pour ne pas dire que je me suis masturbé le cerveau.

Je me suis tellement fait chier que
j'ai passé des heures entières derrière mon ordi à ne rien faire, comme
une vraie
no-life mal dans sa peau limite dépressive. Derrière mon ordi
je n'ai pas écrit, je n'ai pas retouché des photos, ni même trié ma
bibliothèque musicale, je n'ai pas consulté l'actualité ou regardé des
films en streaming bref je n'ai rien fait qui soit un minimum
"constructif".
J'ai zoné sur facebook comme on traîne dans la cour de
son HLM. Parfois dans l'errance il y a un
désœuvrement
dépressogène, parfois au contraire, l'ennui est vécu avec sérénité,
comme nos aïeux savent le faire
en attendant "le messie", en devisant
sur le temps qui passe et l'état actuelle de la société.
Bref entre l'attente fébrile qu'il se "passe quelque-chose" (que quelqu'un "like" ou commente mon statut par exemple ou que quelqu'un publie un truc vraiment drôle) et la consultation voyeuriste des pages de quelques-uns de mes 300 amis je me suis mise à réfléchir sur les rapports entre l'utilisation de facebook et le niveau d'estime de soi. Je sais que j'enfonce des portes ouvertes et vous allez me dire "désinscris toi", mais là encore il me semble aussi difficile de quitter facebook que de s'échapper de son ghetto, et pourtant je n'ai pas grandi dans une cité. L'objet de mon billet n'est pas d'accuser Marc Zuckerberg d'être la réincarnation du Sheitan, hein ! La théorie du complot trés peu pour moi!
J'ai observé et constaté que sur facebook la plupart des gens jouent un ou plusieurs rôles bien définis, dans le but plus ou moins conscient et surtout très vain selon moi, de consolider son estime de soi.
Au delà du fait que cela fausse les relations (on sait tous que trop de communication tue la communication) certain diront que facebook est "à l'image de la société", où nous jouons tous un rôle, où nous montrons ce que nous voulons monter... Je ne suis pas sûre, car il est plus difficile de cacher son gros cul en vrai qu'en photo, même dans un jean bien coupé, il est plus facile de disparaître de la toile et de se faire oublier quand on est mal que de se faire prescrire un arrêt maladie quand on a pas envie de voir la gueule de ses collègues.
NB : Avant de procéder à la liste non exhaustive des profils identifiés, je tiens à préciser que si tu te reconnais, cela n'a RIEN de personnel, NADA, et que de toute façon tu n'es pas un cas isolé. Moi même je reconnais que nombreuses de mes publications sur facebook sont sous-tendue par un désir ardent de reconnaissance. D'ailleurs si tu peux cliquer sur "j'aime"... en bas de l'article, merci ;-)
On a tous bien sûr dans nos contacts, des profils qui utilisent Facebook en mode RP exclusivement : les artistes, les blogueurs, ou même les militants. Ceux là je dois dire qu'à force d'être "pros" et pas "persos", finissent par me lasser , surtout lorsqu'ils publient un max mais ne prennent jamais le temps d'une publication "désintéressée", d'une interactivité quelconque ou d'un petit "j'aime" qui fait plaisir ! Je me demande si à force, ce mode de communication "marketing" est vraiment efficace. Sachant qu'un réseau solide s'ancre sur la réciprocité des échanges...
Parmis les types identifiés j'ai dans mes contacts plusieurs consensuels "MTV". Dans un soit disant "esprit louable de partage" ils nous arrosent de clips de leurs artistes favoris, des clips vidéos dont on se demande si elle seront vraiment lues tellement ils en balancent. Perso j'ai parfois l'impression que le message caché derrière cette attitude n'est pas "regardez ce morceau est cool il faut que vous l'écoutiez" mais plutôt "J'aurais voulu être un artiste, mais c'est raté, en revanche j'ai une super culture musicale ! Vous pouvez pas test!". Recherche de reconnaissance ciblée, mais recherche de reconnaissance quand même...
On a les "relais infos" grâce auxquels on a appris le déces de FX (pour la rubrique people) ou encore suivi tous les rebondissements de l'affaire DSK, ou encore les commentateurs sportifs qui ne publient des choses qu'en rapport avec le sport qu'ils affectionnent. Sur cela je n'ai pas grand chose à dire, il y a un parti pris, une cible dans leurs interactions bien que leur facebook soit général. Ils peuvent avoir une certaine "utilité", ou pas...
On a tous une mère de famille qui nous retrace heure par heure le moindre fait et geste de sa progéniture "il a dit areuh, il a fait une nuit entière, il a fait caca" ou encore une amoureuse qui nous arrose de son bonheur "Mon chéri est le plus beau, le plus fort, le plus gentil du mondeuuuu". Sont-elles si heureuses qu'elles tiennent à faire partager leur bonheur, ou tentent-elles de se convaincre qu'elle le sont vraiment Je ne suis pas jalouse, je m'interroge!
Trés marquants en cette période estivale, et dans le genre ci-dessus évoqué 'je-vous-nargue-avec-mon pseudo-bonheur', n'oublions pas les vacanciers, ou encore "les saisonniers du net". Ils semblent absolument réticents à l'idée de mettre le moindre détail sur le vie perso, en revanche, une fois par ans ils se rappellent à notre existence et nous plombent le moral avec leur photos de vacances... Quel est le message? "Je suis trop overbusy la plupart du temps pour aller sur facebook, en revanche je dois faire partager mes photos de vac à l'autre bout du monde" Quand je vois ça, moi qui ai passé tout mon été à galérer je me sens minable, je me dis que non seulement j'ai pas une vie réellement intéressante puisque je passe tous les jours sur facebook, et en plus je déprime car j'ai pas de soleil!!!
Comme annoncé dans la catégorie précédente, la question de l'estime de soi se pose non pas uniquement dans la manière dont les gens publient, mais aussi dans la manière dont les gens reçoivent les publications des autres.
Je continuerai dans une seconde partie avec d'autres catégories, d'ici là je vous souhaite à tous un bon début de semaine